Démarchage : pour ou contre ?

Suite à l’arrêt de l’arrêt de la CJUE sur l’interdiction d’interdire totalement le démarchage dans la profession, un débat s’est engagé sur l’impact du démarchage sur l’exercice professionnel des cabinets. Opportunité ou menace ? Publicité dans la presse, recrutement de commerciaux, marketing direct, jusqu’où pourrons-nous aller après la réécriture de l’article 12 du code de déontologie ?

Et vous, quel est votre avis ?

Catégorie(s) : La communication des cabinets, La communication du cabinet, Les Rencontres de la Profession - Rouen Normandie
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14 réponses à Démarchage : pour ou contre ?

  1. Pierre GRAFMEYER dit :

    le démarchage pose le problème de la mondialisatioin de la communication à travers Internet, et pour moi c’est l’un des motifs essentiels de cette grande réflexion que nous devons avoir pour la porfession comptable 2020.
    Nous ne sommes plus dans un marché protégé au niveau de la tenue comptable et du travail comptable de base.
    Nos seules protections actuelles tournent autour de la culture et de la connaissance du Droit (fiscal, social, sociétés…etc). L’unification européenne en route nenous laissera pas cet avantage concurrentiel longtemps.
    En ce qui concerne les autres aspects de notre métier, la compétence n’est pas lièe à des textes , et l’enseignement de la gestion converge à travers tous les pays européen ou mondiaux.
    Il faut donc que nous allions audela de cette porblématique du démarchage pour doter le maximum d’experts comptables d’avantages concurrentiels objectifs.

    Justifier une profession non pas par son utilité éconiomique ou sociale, mais par une utilité juridique est prérilleux et fragile à long terme.

  2. ESCOLAR ENRIQUE dit :

    Il ne faut certe pas interdire ce qui finalement se pratique au quotidien.
    Cependant contrôler des pratiques pour qu’elles soient respectueuses de la profession à laquelle nous faisons partie.
    La liberté totale de certaines pratiques pourraient mettre fin à coup sûr notre métier et l’image de qualité qu’est la sienne.

  3. BEYAERT Valérie dit :

    Pour ma part je pense que l’ouverture au démarchage va créer une concurrence qui aura tendance à tirer les prix vers le bas. Les acteurs du marché qui vont avoir recours à cette pratique vont casser les prix pour attirer nos clients. A nous de ne pas réagir de la même manière : baisser nos prix c’est pour moi dévaloriser nos prestations. Au contraire il faudra mettre en avant notre valeur ajoutée par des restitutions écrites, mettre en avant ce que notre optimisation fait gagner à nos clients, savoir s’adapter à nos clients pour les fidéliser.
    Selon moi, les clients qui partiront seulement pour avoir une baisse des tarifs, reviendront tôt ou tard…
    Le démarchage n’est donc pas un problème en soit, au contraire, il va nous permettre de nous améliorer dans notre relation client.

    • NICOL Fabienne dit :

      BILLET D’HUMEUR !!!

      Nous sommes actuellement déjà confronté à un dumping sur les prix. Notre cabinet à déjà subit de nombreuses attaques de confrères qui proposent des tarifs défiant toute concurrence. Nous avons toujours fait de la qualité au sein de notre cabinet, cependant je ne vois pas comment nous allons pouvoir continuer à respecter cette idéologie de qualité qui nous a toujours animé. Le démarchage va conduire inexorablement à une baisse des prix de l’ensemble de la profession, car pour entrer c’est tellement simple, il suffit de proposer des tarifs avec des baisses allant de 30 à 50 voire 60%!!! Comment se battre face à cela. Même en expliquant au client que la qualité du travail n’est surement pas la même, il y regarde à deux fois et s’il reste c’est parce que nous devons faire un effort sur les prix. Résultat notre travail est dévalorisé. Comment certain confrères peuvent ils travailler en facturant à un prix horaire moins cher qu’un garagiste ou qu’un artisan ? En ne respectant pas les normes de travail de la profession je suppose (supervision des dossiers, formation des collaborateurs, etc…)
      Je suis élue et je passe du temps bénévolement pour cette profession que j’aime, mais j’avoue que ces nouveaux comportements m’écœurent. Les petits cabinets n’auront pas les moyens d’embaucher des commerciaux. Ils sont à terme condamnés face à ces nouvelles « usines à compta » . La confraternité me parait un vocabulaire complètement dépassé dans ce monde de brute. Que dire d’un confrère qui déclare à votre client « 98 € pour un contrat de travail copié/collé c’est du vol ». Oui sauf que dans notre cabinet on ne fait pas de copié/collé, nous avons du personnel compétent et payé correctement.

      Le démarchage à déjà commencé de manière très agressive, adieu la confraternité, bonjour les rapaces et la concurrence déloyale.

      • Beyaert Valérie - Génération 2020 dit :

        Je suis nouvellement installée et donc peut être un peu trop confiante en l’avenir mais je suis sûre que les clients que vous perdez reviendront vite vers vous quand ils verront que c’est juste un copier/coller et que derrière personne n’a vérifié et qu’il n’y avait pas de personnel compétent.
        Quand ils auront des questions qui va leur répondre? personne puisqu’il n’y aura personne de qualifiée… je garde confiance en l’avenir de notre profession et je crois toujours à la confraternité.

  4. COLLET yves dit :

    La profession se liquéfie, conséquence du laxisme accepté par nos instances depuis de nombreuses années.
    Le diplome n’a plus aucune valeur et la profession disparaitra dans les 10 années prochaines .. et l’Ordre aussi.

    • Maud ANSADE dit :

      Bonjour Yves,
      Pourriez-vous développer votre commentaire. Votre argumentation sur la « future disparition de la profession » m’intéresse.

  5. RIBOLLET dit :

    Bonjour Pierre,

    Pour répondre à ta question je pense qu’il faut revenir aux sources, c’est à dire au fameux arrêt du 5 avril 2011 (affaire C-119/09), répondant à une question préjudicielle : « la Cour de justice des communautés européennes a décidé que l’interdiction totale du démarchage, imposée aux titulaires de professions libérales ou apparentées, était contraire à l’article 24 de la directive 2006/123/CE du Parlement européen et du Conseil, du 12 décembre 2006, relative aux services dans le marché intérieur, qui vise notamment à favoriser le développement d’un marché des services concurrentiel dans l’Union européenne.

    Cet arrêt condamne l’interdiction « totale » du démarchage, même « fondée sur une raison impérieuse d’intérêt général et proportionnée ». Par contre, « les Etats membres restent libres de prévoir des interdictions relatives au contenu ou aux modalités des communications commerciales s’agissant des professions réglementées, pour autant que les règles prévues soient justifiées et proportionnées aux fins d’assurer notamment l’indépendance, la dignité et l’intégrité de la profession ainsi que le secret professionnel nécessaire lors de l’exercice de celle-ci ».

    Néanmoins, le démarchage, s’il est toléré dans les professions libérales par les instances européennes, doit se réaliser dans le respect de notre déontologie.
    Est ainsi visé l’article 12 du code de déontologie des professionnels de l’expertise comptable: « I.-Il est interdit aux personnes mentionnées à l’article 1er d’effectuer toute démarche non sollicitée en vue de proposer leurs services à des tiers…. »

    Le fait de démarcher quelqu’un qui n’est ni client ou adhérent ne peut être interdit du fait de cet arrêt, mais ceci doit se faire dans le respect des règles de confraternité.
    « La déontologie, littéralement la  » science des devoirs « , rassemble de manière ordonnée, éclairée et rigoureuse,
    les règles supérieures et les valeurs constitutives de notre identité et de notre pratique professionnelle.
    Elle fonde l’estime mutuelle de ceux qui se désignent sous le beau vocable de  » confrères  » en soudant
    utilement leur sentiment d’appartenance commune. Loin de se confondre avec un ensemble abstrait de
    prescriptions et d’interdits, elle constitue un véritable code d’honneur, reconnu et revendiqué par tous ceux
    qui, en l’appliquant, partagent la même vision humaniste, exigeante et loyale de leur engagement. »
    L’Article 21 du code précise tout ceci :
    « Les personnes mentionnées à l’article 1er se doivent assistance et courtoisie réciproques. Elles doivent s’abstenir de toute parole blessante, de toute attitude malveillante, de tout écrit public ou privé, de toute démarche ou manoeuvre,
    susceptible de nuire à la situation de leurs confrères. »

    qui rejoint celui de l’ifac (CODE OF ETHICS FOR PROFESSIONNAL ACCOUNTANTS) :
    250.2 Un professionnel comptable exerçant en cabinet ne doit pas jeter le discrédit sur la profession dans le marketing de ses services professionnels. Le professionnel comptable exerçant en cabinet doit être honnête et loyal et ne doit pas :

    • faire des affirmations exagérées sur les services offerts, les qualifications détenues, et l’expérience acquise ;

    • dénigrer les travaux d’un tiers ou se livrer à des comparaisons non fondées

    En conclusion sur ce point je pense que finalement l’interdiction du démarchage du code de déontologie telle qu’énoncée à l’article 12 I devrait être revue pour préciser qu’une action de démarchage ne peut s’effectuer que dans le respect des règles de confraternité, qui plus est cela pourra permettre de démarcher des clients qui n’ont pas recours à des professionnels.

    Je vais t’évoquer bien volontiers une anecdote récente : un de mes clients (en tant que commissaire aux comptes) a été visité il y a quelques jours, ce client ayant par ailleurs un expert-comptable, aucune offre de services directe n’a été faite à notre client, mais le confrère, expert-comptable, commissaire aux comptes, connu mondialement (peut-être devines tu le nom de ce précurseur) a clairement fait savoir à notre client (lequel travaille beaucoup avec les US) qu’il avait la possibilité de répondre à ses attentes pour toute mission aux Etats Unis, en matière comptable, fiscale ou juridique… sans pour autant dénigrer les capacités tant de l’expert-comptable en place que du commissaire aux comptes : Après tout pourquoi pas s’il s’agit d’agrandir le champ d’intervention de l’ensemble de notre corps professionnel…

    Ta question va bien au delà puisque tu sembles suggérer que les experts-comptables devraient se doter d’outils concurrentiels via les technologies de l’information et de la communication. Je pense que c’est déjà fait, quand on regarde les moteurs de recherche sur les pages web on trouve plus de 5 000 000 de réponses !

    Via le web la question qui se pose n’est pas vraiment celle des sites vitrines, ou des pages web de présentation des services des cabinets, qui sont des actions de communication clairement autorisées, mais plutôt celle de l’utilisation des outils « push », c’est à dire de la réception par un non client d’une offre de services en aveugle par un expert-comptable : outre qu’une telle manoeuvre est susceptible de nuire à la situation des confrères, et donc contraire à la déontologie, cela me paraît en pratique difficilement conciliable avec les obligations des professionnels en matière d’identification du client préalablement à l’acceptation de la mission par l’expert-comptable, obligations fixées par le code monétaire et financier.

    Par contre tous les autres services et outils du web sont parfaitement utilisables et à diffuser, qu’il s’agisse des bases documentaires, qu’il s’agisse de la diffusion de savoirs faire afin de faire savoir, qu’il s’agisse d’outils inter-actifs entre le client et son expert-comptable, et de tous les outils SAAS et autres. Ce qui compte c’est que les professionnels fassent connaître leurs compétences afin de valoriser leur cabinet, et par là le corps professionnel tout entier.

    Amitiés

  6. Stéphane MOINEAU dit :

    Mesdames, Messieurs,

    Je suis totalement CONTRE et doute que le démarchage soit un progrès pour l’image de notre profession. Je crains qu’à terme cela nous tire tous vers le bas par une guerre des prix. Je crains également que cela pénalise les petites structures. Comment peut on concilier marketing et indépendance ?

    Cette réforme pourrait bel et bien tuer le diplôme. Je constate que notre profession se liquéfie de manière inquiétante et le jeune diplômé que je suis s’interroge sur les motivations profondes des réformes actuelles.

    Je salue l’initiative de ce blog.

  7. barbarossa dit :

    Cher Stéphane,
    Il ne faudrait pas tout mélanger ! marketing, diplôme, avenir de la profession, etc…
    Tirer la profession vers le bas, c’est lorsque l’on oublie notre utilité dans le monde économique : le vrai conseil pas le déclaratif par exemple. Notre présence auprès des entrepreneurs est appréciée, sachons la mettre en avant ; et quelques initiatives locales de sponsoring d’une équipe sportive, d’un challenge local mettent la profession bien plus en avant que les grandes déclarations.

    C’est à la portée des petits et bien plus que des gros ; pour ce qui est de la guerre des prix… ils sont déjà affichés sur internet, et la mission perçue comme administrative ne la valorise déjà pas à son niveau. Le sujet n’est pas le démarchage, mais l’utilité perçue.

    Au plaisir de prochains échanges…
    Denis

  8. Beyaert Valérie - Génération 2020 dit :

    je pense que la main invisible de Smith finira par remettre le marché en ordre, le client étant demandeur de qualité et de conseils… il ne pourra pas avoir un prix bas la qualité et le conseil…

  9. Thierry André dit :

    Bonjour,

    En tant que jeune diplômé, il me semble que l’évolution est inéluctable et que le protectionnisme réglementaire dont la profession a bénéficié jusque là tombera à plus ou moins court terme. Il est certain que l’on peut attendre de notre institution qu’elle défende notre pré carré du mieux possible, mais le rouleau compresseur européen fera son œuvre, comme il l’a déjà commencé à le faire pour la simplification des annexes par exemple.

    Refuser l’inéluctable et faire preuve de pessimisme n’est certainement pas la bonne solution. Nous devons évoluer et faire muter nos cabinets vers de vrais entreprises intégrant la notion de clients au sens large. La question de la valeur ajoutée dans notre offre de service doit être approfondie : offrons-nous à nos clients tout ce qu’il attend ? Le client est-il prêt à payer uniquement pour le décharger d’une obligation administrative ? Ne pouvons-nous pas lui offrir des services supplémentaires en particulier en matière de gestion ? Un bilan plus une situation par an établis plusieurs semaines ou mois après sont-ils suffisants dans un monde où tout va très vite ?

    Je crois qu’il faut accepter de se remettre en cause et d’avancer. Il s’agit peut-être plus pour notre profession de saisir cette opportunité pour affirmer haut et fort notre compétence et notre savoir-faire. A nous de réfléchir ensemble pour faire avancer la profession et préparer cette mutation profonde de notre profession.

    Je suis tout à fait d’accord avec Barbarossa, il faut placer la valeur ajoutée pour notre client au cœur de nos réflexions.

    Amitiés

  10. BERBERES ERIC dit :

    Bravo pour ce blog que je trouve riche en initiatives diverses et en analyse pour notre profession. Malgré tout ce qui se passe et qui peut-être inquiétant (clients infidèles, attentes low-cost, gestion de nos collaborateurs plus difficiles, difficultés croissantes à développer sans recherche stratégique et markéting adaptée…).
    Je crois toujours en mon métier et son avenir.
    On veut la concurrence?on l’a déjà ne nous y trompons pas!! le démarchage non scrupuleux existe (très gros ou cga dotés de commerciaux (j’ai de nombreux confrères en région Midi-Pyrénées qui me l’ont confirmé), l’offre de services élargie existe aussi, les outils de communication aussi….ce qui m’inquiète plus c’est qu’il est évident que la taille critique sera l’arme absolue : plus de CA engendré entraîne de facto une capacité à financer des dépenses de ce type qu’à ce jour le gros des cabinets de petite taille n’ont pas ou ne peuvent pas assumer. C’est pour cela que l’on voit des cabinets de taille moyenne qui grossissent par croissance externe et des gros qui recherchent ouvertement des cabinets à racheter. Ceci est preuve au passage qu’une clientèle d’expertise-comptable a de la valeur de nos jours (ouf…). Donc le risque majeur (et il ne faut pas que notre institution l’oublie) à 15 ans c’est que les missions dites régaliennes qui font 80% du CA HT des petits cabinets (soit l’essentiel des cabinets français) ne permettent plus de vivre convenablement et que les confrères concernés n’aient d’autres alternatives que d’arrêter ou de vendre…à des prix bas.
    Il faut donc ne pas mentir à nos confrères et consœurs : dès que le monopole sera effectivement gommé la guerre des tranchées avec les gros opérateurs sera sanguinaire …si d’ici là de la valeur ajoutée n’est pas apportée par les professionnels à leurs clients.
    Posé comme cela il faut donc envisager un changement radical dans l’offre de services dans le temps imparti pour être toujours dans la course et aider notre corps professionnel à évoluer en ce sens;

  11. Elise dit :

    Ce qui est positif reste de voir que le débat s’organise au sein même d’une profession (je ne suis moi-même pas expert-comptable) afin de faire progresser la vision commune et de s’adapter. Ce n’est pas le cas de toutes les professions (qu’elles soient règlementées ou non)…

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